La Femme , les enfants ?
Mme Sarkozy, 49 ans, s'est brièvement séparée de son mari il
y a deux ans pour revenir ensuite en fanfare. Au premier tour de
l'élection, dimanche dernier, elle a voté avec M. Sarkozy
- et sans doute aussi pour lui. Or c'était la première fois depuis
deux semaines qu'on la voyait en public. Et depuis elle a à nouveau
disparu.
Lorsque le couple a voté, dimanche, à Neuilly-sur-Seine, une
banlieue aisée de Paris, les relations semblaient pour le moins
tendues. Depuis une dizaine de jours, des rumeurs d'une nouvelle
séparation donnent lieu à des spéculations scabreuses - y compris
en chansons - sur Internet.
Des articles publiés dans la presse britannique et dans d'autres
journaux étrangers laissent entendre que Mme Sarkozy a quitté une
nouvelle fois son mari pour un autre homme, et ce au milieu de la
campagne la plus importante de la vie de son époux.
Un membre de l'UMP a même confié à The Independent qu'il
était désormais "de notoriété publique" qu'il y avait eu une nouvelle
séparation au sein de ce qui apparaissait autrefois comme un couple
idéal. Mais il a ajouté que, cette fois encore, la séparation serait
peut-être temporaire.
Dans presque tous les pays démocratiques, une séparation entre le
favori de l'élection présidentielle et sa femme, en pleine campagne,
serait une nouvelle explosive qui ferait la une des médias. Mais pas en
France. La loi française interdit aux médias de toucher à la vie
privée, y compris à celle des personnages publics. Cette disposition
s'applique également aux publications étrangères, telles que The Independent,
qui sont diffusées en France. Bien que cette loi parte d'une bonne
intention, elle peut avoir des effets pervers. M. Sarkozy, un
personnage réputé fragile et hyperactif, est au cœur du second
tour : il est nettement favori face à la candidate socialiste,
Ségolène Royal, le 6 mai.
Si sa femme l'a quitté à un moment aussi critique, les gens ne
sont-ils pas en droit de le savoir ? Pendant quatorze ans, les
médias français n'ont pas pu dévoiler le fait que le président François
Mitterrand avait une autre famille et une fille illégitime, Mazarine.
Daniel Schneidermann, éditorialiste du journal Libération,
s'est d'ailleurs plaint que la "pravdaïsation" de la presse française
s'était encore accentuée. Passant sous silence les rumeurs selon
lesquelles Cécilia avait disparu, Paris Match
- l'hebdomadaire d'un groupe appartenant à un ami de M.
Sarkozy - a publié une double page de photos titrée :
"Revoilà Cécilia". En robe fuschia, Mme Sarkozy assistait à un
gala de charité donné à Paris. On n'apercevait aucune trace de son
mari.
D'après l'éditeur et chroniqueur Guy Birenbaum, qui a publié des
livres sur la relation de connivence qui unit la politique et les
médias en France, "le couple Sarkozy est à l'évidence une question
légitime pour les médias français. S'ils l'ignorent, ce n'est pas à
cause de la loi, mais par peur et par déférence vis-à-vis du pouvoir".
Source : Courrier International