Qui peut encore dire sans rire qu'il est difficile de licencier en
France ? Dans un pays où la flexibilité du travail est enviée même par
les patrons américains (CDD, Interim, annualisation, etc), on peut
facilement licencier n'importe qui sans motif. Comment est-ce possible
? Parce que l'un des rares moyens de pression pour un salarié de faire
valoir ses droits, à savoir les tribunaux de Prud'hommes, sont
tellement lents que c'est comme s'il n'existaient pas. Et la bonne
nouvelle pour ceux qui licencient est que le gouvernement
Sarkozy-Fillon (depuis que Xavier Bertrand a déclaré qu'il ne rendait
compte qu'au Président, on ne sait même plus s'il faut encore
mentionner l'existence du Premier ministre) a décidé d'en supprimer
encore un peu plus, une soixantaine. Résultat, les salariés savent
qu'ils mettront de plus en plus de temps à faire valoir leurs droits et
préfèrent (quand on le leur propose, faut pas rêver mon gars !)
négocier une misère plutôt que d'attendre quatre ou cinq ans pour
toucher d'hypothétiques indemnités. Au point que ces tribunaux, ou ce
qu'il en reste, sont devenus un argument patronal dans la «négo» : «tu veux aller aux prudhommes ? Ne te gêne pas, tu toucheras ton argent dans quatre ans... si tu gagnes !».
Si on supprime des tribunaux, on ne ralentit pas la justice, on finit
par la supprimer parce que les justiciables renoncent à l'utiliser.
Moins de justice tue la justice... Le CNE est retoqué ? Quelle
importance ! En supprimant des tribunaux prud'hommaux, Sarkozy et Dati
réforment à leur manière le droit du travail.
Source : www.marianne2.fr