Elles promettebt un grand confort, une meilleure qualité auditive et le tout... ni
vu ni connu : des prothèses auditives implantables déboulent sur le marché.

Sur cette radiographie du crâne figurent les différentes composantes de la prothèse. - Otologic
Prochaine étape : des prothèses permettant de dépasser les capacités d'une oreille standard humaine.
Constat : de nombreux malentendants ne sont pas appareillés. «
Parmi les 9 % des habitants des pays développés qui tireraient un réel
bénéfice du port d'une prothèse auditive, 1 % fait ce choix », explique
le Pr Philippe Lefebvre, chef du service ORL au CHU de Liège. Ce
spécialiste est le premier au monde à avoir testé Carina, dès 2005, sur
10 patients qui se sont portés volontaires.
D'une manière générale, le coût des prothèses actuelles, dont les
plus chères atteignent 3 000 euros, constitue un frein. Leur esthétique
aussi. Cependant, en Grande-Bretagne et dans les Etats scandinaves, on
compte trois fois plus de personnes appareillées que dans les pays «
latins ». Sans doute y sont-elles moins dérangées par l'aspect visuel
de l'appareil et se soucient-elles moins qu'il révèle à tous leur
handicap.
Cependant, pour rendre les prothèses plus discrètes, on parvient désormais à les glisser davantage dans le conduit auditif, au prix d'un léger inconfort. « Les inconvénients qui en résultent seraient mieux vécus si, dès le début, on présentait ces techniques comme une aide auditive, plutôt que comme une solution miracle », précise le Pr Lefevre.
Un appareillage interne tout en sophistication
Mais Carina pourrait modifier tout cela. « D'un grand confort pour ceux qui la portent, elle leur procure aussi une meilleure qualité sonore, grâce à un vibrateur de sons en titane, accroché à la chaîne des osselets de l'oreille ». Le placement de la prothèse se déroule sous anesthésie générale et nécessite une hospitalisation de vingt-quatre heures. L'os sera taillé pour que l'appareil puisse être placé au-dessus et derrière l'oreille, devenant ainsi invisible.
Parmi les éléments de la prothèse, une capsule qui comprend une antenne : cette télécommande permet de régler le volume du son et de modifier la programmation de l'implant, en fonction des besoins. Fils électroniques et micro sont posés juste sous la peau. L'ensemble fonctionne grâce à une batterie électronique, qu'il faut recharger une heure tous les deux jours au moyen d'un chargeur, que l'on peut porter à la ceinture pour qu'il gêne le moins possible.
La durée de vie de Carina est estimée à vingt ou vingt-cinq ans. En revanche, la batterie devra être changée après dix ou douze ans (sous anesthésie locale). Inconvénient du système : en cas de panne, le patient doit repasser sur le billard...
L'expérience acquise par les ORL à partir de prothèses semi-implantables (apparues en 1996) montre que, généralement, un appareil posé d'un seul côté suffit à assurer le confort auditif.
L'inconvénient de cette nouvelle technique ? Son prix : 14 000 euros, non remboursés par l'Inami (certaines assurances proposent une intervention). Pour le reste, rappelle le Pr Lefebvre, « il s'agit bel et bien d'un progrès technologique important. Il apporte un confort que les solutions classiques sont incapables d'assurer et une réponse aux préoccupations esthétiques, ce qui rend possible l'oubli du handicap ».
Pascale Gruber sur levif.be